Le Saint-Emilion incarne l’excellence à la française. Il s’inscrit dans un vignoble historique, où la pierre et la vigne s’accordent pour donner naissance à un grand vin. Château Cantin tire son nom du latin Cantio, le chant, la chanson.

De tous les acteurs clefs de l’appellation Saint-Émilion Grand Cru, Château Cantin est sans aucun doute le Ténor, le soliste sur lequel tous les regards et applaudissements convergent. Le vin est bien un art à part entière. Nul ne peut apprécier un opéra de Mozart, ou un concert de jazz sans un minimum de connaissance. Il nous appartient donc d’expliquer pourquoi notre château ne ressemble à aucun autre. Expliquer le terroir, les cépages, l’alliance de l’un et de l’autre, l’histoire de cette propriété.

Les bâtiments qui entourent la cour d’honneur du château datent pour la plupart du XVIIème. Ils ont été érigés par les moines bénédictins pour servir à la fois de ferme et de monastère pour leur ordre religieux. Ils étaient également utilisés comme résidence d’été par les chanoines de Saint – Emilion. Le choix de cet emplacement ne se fit pas au hasard par la congrégation, car cette dernière choisit de s’implanter à côté d’un ruisseau : le Cantin.

En 1770, Cantin figure déjà en tant que vignoble sur la « Carte de Belleyme », cartographe du Roi Louis XV. Il sera ensuite vendu comme bien national à la Révolution, à un voisin le Baron de Mauvezin et restera dans cette famille pendant environ 100 ans. En 1890, Alphonse Bisch, négociant en vin parisien l’acquiert. Ensuite, il agrandira la propriété à 72 hectares, et construira les deux tours de part et d’autres de l’habitation. (Une seule demeure aujourd’hui). Il fermera également la cour d’honneur par ces deux petits pavillons d’entrée. Il construit également une chapelle, qui existe encore de nos jours.

Alphonse Bisch décède en 1913, et sa veuve vendra le domaine l’année d’après à la famille Chamson. A partir de 1988, Monsieur Benatar et le Marquis de la Croix Landol, ont repris les rênes et entrepris de renouer avec le passé prestigieux de cette propriété. Cette dernière a ensuite été cédée à Monsieur Leprince, puis revendue à l’Union Française de Gestion qui choisit de le garder comme fermier. Après bien des vicissitudes, la famille Helfrich devient le fermier en titre de Château Cantin. Cette dernière entreprend aujourd’hui de renouer avec son passé prestigieux avec une première vendange en 2007.

Par sa pièce d’eau et son corps de bâtiment des plus harmonieux, le visiteur est touché par le lieu qui respire une tranquille sérénité. D’où que l’on vienne, avant même de déguster les vins nous sommes déjà conquis par l’alliance entre la vigne, la pierre et l’eau.

Le vignoble s’épanouit sur un plateau calcaire, un terroir jouissant d’un excellent ensoleillement. Le tout est réparti en 26 parcelles. La superficie totale est de 38 hectares.

Cantin est l’archétype de ces très rares crus où l’extrême complexité des terroirs crée, en fait, une homogénéité qui devient une symphonie, changeant selon les millésimes, chaque parcelle apportant sa propre contribution.

 

Le terroir, bien spécifique, est composé de deux unités géologiques.

Tout d’abord, le plateau calcaire – de formation tertiaire – est composé plus précisément d’un calcaire à astéries (oligocène supérieur). Ce dernier, fossilifère, présente trois faciès plus ou moins durs.

  • Le premier, le plus en surface, se compose d’une couche peu épaisse d’argile à huîtres.
  • Le second, la calcarénite, un calcaire à grain fin, est notamment utilisé pour la pierre de taille, que l’on retrouve dans tous les bâtiments de Bordeaux.
  • Le troisième, où se trouvent les racines les plus profondes, la calcirudite, est riche en fossiles grossiers.

Ensuite, la propriété s’étend sur le côté Est de la butte de Saint – Emilion, dont le sommet est constitué d’une couche de calcaire à astéries, associé à l’argile de Castillon, de nature imperméable.

 

Nous devons pouvoir reconnaître un Château Cantin, de par sa diversité de cépages si bien adaptée à son terroir. 67 % Merlot, 21 % Cabernet Franc et 12 % Cabernet Sauvignon.

Le Merlot est le plus important cépage de notre domaine. Il est également emblématique du Bordelais. Récolté à grande maturité, avec des tanins gras et veloutés, il donne un fruité opulent, une trame riche et lisse et une complexité à la garde.

Sur Cantin, au départ compact, il décompose peu à peu son bouquet. Les dominantes aromatiques sont les fruits noirs, type mures et les touches animales telles la truffe. Se mêlent également des notes fraîches de violette, des notes épicées de cannelle, et dans les années chaudes, la réglisse « menthée » et l’amande grillée. En bouche, ce n’est que volupté. Des tanins soyeux, enrobés cachent l’austérité de la charpente. Ils donnent une sensation de charnu, de velouté. Le vin roule dans le palais sans agressivité. Il délivre de nouveaux parfums comme le tabac, la fourrure, les fruits confits et le bois exotique. Cette finale aromatique donne une sensation de longueur, de richesse et de complexité.

A hauteur de 21%, le Cabernet Franc donne un vin étonnant de richesse, de complexité et de longueur. En vin jeune, les fruits rouges dominent, (fraise, framboise, groseille), un fruit qui donne envie de le croquer. Avec l’âge, Château Cantin conserve une fraîcheur remarquable, présentant des tanins soyeux car l’œnologue a respecté la matière, et un arôme de bouche envoûtant. Il n’est pas majoritaire dans cette symphonie, mais il apporte beaucoup de fraîcheur et de complexité au Merlot. Les 12 % de Cabernet Sauvignon offrent un tanin abondant et soyeux, une grande complexité de saveurs de fruits murs (cassis et mûres notamment), mais aussi des notes de violette, et de bois de cèdre.

Idéalement situé, sous la conduite avisée de nos œnologues, Cantin joue millésime après millésime une partition parfaite, avec la régularité d’un métronome. La dernière récolte présente un immense potentiel, précis et ciselé, avec une longueur en bouche persistante. Il tutoie la perfection, tant le vin possède une profondeur et un raffinement hors norme. Un trésor de nuances subtiles – petits fruits noirs et rouges charmeurs, notes d’épices dont notamment de cannelle et d’amandes grillées sur des touches de violettes. En bouche, un arpège de notes successives autour de tanins soyeux, veloutés avec un opus de minéralité. Notes qui, jouées simultanément, forment un accord envoûtant.

 

L’éloge de la finesse • Le concerto des cépages

« Boire du vin, c’est boire du génie », disait Baudelaire. Le génie de Cantin, c’est d’avoir su préserver tout l’héritage de cette propriété tout au long des siècles, par-delà les changements familiaux.

Les raisins sont vendangés à la main. Le rendement limité varie selon les parcelles, pour un âge moyen des vignes d’environ 40 ans. Trois tries sont effectuées à ce moment-là, la première au moment de la cueillette des grappes, la deuxième lorsque les hottes sont vidées et la dernière quand les grappes sortent du tombereau sur une table de tri pour la trie finale. Nous disposons des meilleurs équipements pour permettre une extraction douce et aromatique au cœur de petites cuves thermo – régulées en inox, dédiées chacune à une parcelle. (10 cuves en inox de 12hl à 150 hl, pour 35 cuves en ciment). La macération dure de 3 à 5 semaines et la fermentation malolactique s’effectue en barriques ou en cuves. Vient ensuite l’élevage en barriques de chênes sur une durée limitée d’environ 12 mois. Lors du dernier millésime, nous avons eu 135 barriques neuves, ce qui correspond à environ 70 % de bois neuf. Certes, le bois issu de chêne français apporte au vin ses propres tanins, en lui donnant son caractère et sa longévité. Il va alors se comporter comme un épiderme et donc permettre à l’oxygène de pénétrer très lentement à travers les fibres du bois. Une échappée musicale entre vignes, chais élégants, dégustations et tables de fêtes dans des corps de bâtiments harmonieux, voilà l’univers de Château Cantin – Grand Cru et Ténor en Saint – Emilion.